Cession, transmission, reprise d’entreprise : le guide complet
La France connaît une vague de départs à la retraite sans précédent : environ 500 000 entreprises sont concernées par une transmission d’ici 2030, dont une majorité de TPE-PME. Pour les métiers artisanaux comme la cordonnerie multiservice, l’enjeu est double : éviter la disparition d’ateliers et de savoir-faire parfois centenaires, et offrir aux repreneurs — jeunes diplômés, salariés en reconversion, ou seniors via le Contrat de Valorisation de l’Expérience (CVE) — un accès realiste à l’entrepreneuriat.
Ce phénomène a conduit les pouvoirs publics à lancer la Mission Reprise, dont les conclusions ont été présentées le 23 avril 2026 à Bercy en présence de Serge Papin, Ministre de l’Économie. La Fédération Française de la Cordonnerie Multiservice (FFCM) y a participé activement, aux côtés de l’U2P et de la CNAMS, pour défendre les enjeux spécifiques aux ateliers artisanaux et aux commerces de proximité (FFCM – Mobilisation générale pour les transmissions d’entreprises).
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1 janvier 2024
Cession, transmission, reprise : de quoi parle-t-on ?
La transmission d’une entreprise s’entend de la cession de l’ensemble de l’exploitation entraînant le transfert de sa propriété. Elle peut prendre plusieurs formes (impots.gouv.fr) :
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Vente (cession à titre onéreux)Vente du fonds de commerce, de l’entreprise individuelle ou des parts sociales à un tiers
Cas d’usage typique → Départ à la retraite, changement d’orientation
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Apport en sociétéL’exploitant individuel apporte son entreprise au capital d’une société
Cas d’usage typique → Réorganisation, association avec un repreneur
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Transmission à titre gratuitDonation à un héritier, un salarié ou un autre exploitant
Cas d’usage typique → Transmission familiale ou à un salarié
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Fusion de sociétésTransmission du patrimoine d’une ou plusieurs sociétés à une autre
Cas d’usage typique → Restructuration, croissance externe
À l’autre bout de la chaîne, la reprise consiste pour un tiers (salarié, membre de la famille, entrepreneur individuel) à racheter l’activité pour la poursuivre. Reprendre une entreprise en activité, c’est acheter une clientèle établie, une notoriété, un emplacement, un équipement — et souvent un accompagnement du cédant : plusieurs cordonniers cédants proposent ainsi de former leur repreneur et de le présenter à leurs clients afin de lui assurer une reprise sans risque (annonce FFCM – cordonnerie à Harly, Aisne).
Les quatre grandes étapes d’une transmission réussie
Le portail officiel Entreprendre Service Public propose un parcours guidé, de la préparation du projet jusqu’à la signature de l’acte de cession définitif (entreprendre.service-public.gouv.fr – Je transmets) :
Étape 1 : Préparer la transmission
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Anticiper : une transmission se prépare idéalement 2 à 3 ans à l’avance (assainissement des comptes, remise aux normes, sécurisation des baux).
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Diagnostiquer l’entreprise : points forts, points faibles, potentialités.
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Valoriser : estimation du prix de cession sur la base de critères objectifs (chiffre d’affaires, rentabilité, emplacement, matériel, notoriété locale). L’administration publie un Guide de l’évaluation des entreprises et des titres de sociétés pour accompagner cette démarche (impots.gouv.fr).
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Trouver et sélectionner un repreneur : mise en relation via les bourses de transmission, les réseaux consulaires ou la profession.
Étape 2 : Choisir le bon véhicule juridique selon ce que l’on transmet
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Entreprise individuelle : cession à un tiers, aux salariés ou à un membre de la famille ; donation possible.
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Fonds de commerce : cession ou donation, au tiers, à la famille ou aux salariés.
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Parts sociales (SARL/EURL, SCI) ou actions (SAS/SASU, SA) : chaque statut a ses règles de cession et son régime fiscal propre.
Étape 3 : Négocier et sécuriser
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Protocole d’accord avec le repreneur : prix, modalités de paiement, clauses (non-concurrence, accompagnement, garantie d’actif et de passif).
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Acte de cession définitif : rédigé et signé devant le professionnel habilité (notaire, avocat, greffe).
Étape 4 : Finaliser les obligations
- Enregistrement de l’acte, calcul des droits d’enregistrement (variables selon la valeur du fonds et la nature de la mutation), déclarations fiscales, formalités auprès du greffe et des organismes sociaux.
Où trouver une entreprise à reprendre ? Les bourses de transmission
Les petites annonces cordonnerie.org
La FFCM met à disposition une plateforme de petites annonces où cédants et repreneurs peuvent publier et consulter des opportunités de reprise, avec une insertion gratuite pour les adhérents (cordonnerie.org – Petites annonces).
Des ateliers concrets y figurent régulièrement : cordonnerie multiservice de 30 m² à Mions (Rhône) créée en 1987, reprise immédiate possible sans investissement majeur, loyer de 700 €/mois, cédant en départ à la retraite (annonce FFCM) ; cordonnerie de 45 m² à Bazas (Gironde), équipée d’un matériel professionnel complet permettant une exploitation immédiate (annonce FFCM) ; ou encore une cordonnerie multiservice située dans un centre commercial à Poitiers (annonce FFCM).
La Bourse nationale de la transmission d’entreprise
Il s’agit du portail national de la transmission, géré par Bpifrance en partenariat avec les chambres de commerce et d’industrie (CCI), les chambres de métiers (CMA) et les chambres des fédérations. Ce service permet de chercher une entreprise à reprendre par type d’entreprise et par localisation (entreprendre.service-public.gouv.fr – Bourse nationale de la transmission). L’offre est également présentée dans le catalogue d’offres de Bpifrance (bpifrance.fr – Bourse Transmission).
Transentreprise – La Bourse de proximité
Transentreprise est la plateforme nationale dédiée à la transmission et à la reprise d’entreprise, portée par les Chambres de Commerce et d’Industrie (CCI) et les Chambres de Métiers et de l’Artisanat (CMA). Sa mission : accompagner et favoriser la réussite de chaque projet.
Pour les cédants, la plateforme propose une diffusion d’annonce validée par les conseillers CCI-CMA ou leurs partenaires ainsi qu’une diffusion multicanale pour accroître les chances de trouver un repreneur.
Pour les repreneurs, la plateforme met à disposition un large choix d’opportunités, uniques et vérifiées, couvrant tous les secteurs : artisanat, commerce, services, hôtellerie restauration, négoce, industrie.
Cédants comme repreneurs peuvent bénéficier d’un accompagnement complet assuré par les conseillers CCI et CMA, de la qualification du projet à la mise en relation, afin de structurer chaque étape et maximiser les chances de réussite.
Les points de vigilance avant de signer
Pour les cédants
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Préparer l’entreprise tôt (comptes propres, bail sécurisé, matériel en état).
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Soigner la confidentialité pendant la mise en vente.
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Anticiper la fiscalité de la cession : plus-values (avec exonérations possibles pour les petites entreprises), régime de départ à la retraite, droits d’enregistrement (impots.gouv.fr).
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Envisager un accompagnement du repreneur (formation, présentation à la clientèle) pour sécuriser la transition.
Pour le repreneur :
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Analyser finement les bilans et la réalité de l’activité (saisonnalité, dépendance à la clientèle, état du matériel) — les bilans comptables des ateliers en vente sont généralement disponibles sur demande (annonce FFCM – Bazas).
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Vérifier le bail commercial et le droit au bail, les stocks (souvent valorisés à la cession selon inventaire), et les éventuels passifs.
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Se faire accompagner : CMA, CCI, experts-comptables, et fédération professionnelle.
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Négocier un accompagnement du cédant sur quelques semaines.
Pour les deux parties
Le protocole d’accord puis l’acte définitif doivent être rédigés avec un professionnel du droit ; la prudence sur les clauses de garantie (d’actif et de passif, d’éviction) est essentielle (entreprendre.service-public.gouv.fr).





